Jeudi 22 mai 2008 4 22 /05 /Mai /2008 22:49

Par calliope 2,0 - Publié dans : Musée 2.0
Diane Drubay, consultante en communication muséale et rédactrice du très connu blog Buzzeum, a très gentillement acepté de répondre à travers notre blog à quelques questions sur le musée 2.0

1. Qu’est-ce que le musée 2.0 peut apporter aux jeunes ?
2. La France et les pays anglo-saxons ont-ils des conceptions différentes de l’utilisation du web 2.0 au musée, ou s’agît-il juste d’un retard à rattraper ?
3. Quelle place et quelle autorité doit-on donner à l’amateur sur la plateforme numérique du musée ?
4. Le  musée du Louvre, peut-il à ton avis se passer des pratiques 2.0 ? et les autres musées français ?

Une contribution de qualité pour nourrir la réflexion.
(Les réponses de Diane sont en commentaires)

Merci Diane !

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Commentaires

Et bien en fait tout dépend ce que vous entendez par “musée 2.0″. Si vous faites référence aux nouvelles technologies issus du Web 2.0, la cible jeune a tout a y gagné étant donné que ces outils sont directement adaptés à leurs habitudes de consommation de l’information et du média. C’est à dire que l’audioguide d’une exposition à télécharger sur un iPod avant d’aller à une exposition ou encore recevoir une information complémentaire sous forme d’un média quelconque (audio, photo, vidéo) via un code QR sur son téléphone portable sont des habitudes que les jeunes peuvent prendre beaucoup plus facilement que quiconque. Etant la plus proche du service proposé, cette population a donc beaucoup à y gagné en rapidité et richesse d’information. Si par “musée 2.0″ vous entendez un musée appliquant la philosophie inhérente au Web 2.0, je dirais que là aussi la population jeune peut y gagner si elle en a besoin. En effet, pouvoir interagir instantanément avec le musée via les commentaires ou son compte Twitter ou encore pouvoir participer à l’enrichissement des collections des musées en déposant son propre contenu sont des initiatives follement incroyable pour un indvidu qui s’intéresse de près au monde des musées. La question selon moi n’est pas si les jeunes ont a y gagner mais surtout comment leur montrer ce qu’ils peuvent y gagner, comment leur parler, comment rentrer en contact direct avec eux ?! Pour info, ceci est en fait le sujet de mon mémoire de master 1 sur justement comment les musées peuvent toucher les jeunes de 18 à 25 ans via Internet.
Commentaire n°1 posté par Diane le 23/05/2008 à 13h32
La France et les pays anglo-saxons ont-ils des conceptions différentes de l’utilisation du web 2.0 au musée, ou il s’agît juste d’un retard à rattraper? Je ne pense pas que les conceptions du Web 2.0 soient si différentes que ça en fonction du pays, mais ce qui est certain c’est que l’adoption des nouvelles technologies et des nouvelles manières d’apprhénder Internet et la relation de l’institution et du visiteur envers le virtuel ne se fait pas aussi rapidement en France que dans les pays anglo-saxons. Mais ceci est plus une question d’habitude, d’histoire même et d’organisation interne des équipes. En France nous sommes face à des institutions qui existent depuis des décennies, voire des siècles, qui ont une organisation et une façon de penser bien déterminée depuis le début et, comme partout, le changement est toujours très long et surtout pas apprécié (ceci est une caractéristique française quand on étudie un peu les règles de management). Ainsi, les esprits ne sont pas encore tous prêts à s’ouvrir à ces nouveaux mondes, et surtout, d’une manière complètement pratique, ils ne savent pas comment s’y prendre, comment s’organiser pour mettre quelque chose en place. De nouveaux modèles d’organisations sont donc à réfléchir et à mettre en place. Il existe cependant en France des entités motivées pour révolutionner ce petit monde et certaines institutions ont donc réussi à atteindre le même niveau que les musées anglo-saxons. En barrière nous avons aussi la contrainte du marché public qui freine à l’investissement et empêche une réactivité et une rapidité complète. Bon je n’ai pas tout cité ici mais ce qui est certain c’est que chaque système à ses limites mais aussi ses avantages, bien que certains aient pris du retard, ils ont de l’avance dans d’autres domaines.
Commentaire n°2 posté par Diane le 23/05/2008 à 13h33
Quelle place et quelle autorité doit-on donner à l’amateur dans la plateforme numérique d’un musée? L’amateur, contrairement au professionnel, au conservateur ou à l’étudiant, apporte une nouvelle vision plus fraîche, moderne, et tout simplement autre. Son avis, ses idées, ses initiatives sont donc à accueillir avec enthousiasme, tout en sachant mesurer, modérer et adapter ses propos au musée. Un musée doit savoir en effet garder sa place, son rôle de “distributeur de connaissance” et ne doit pas perdre en qualité pour gagner en quantité. Une modulation du rôle du musée et de l’amateur doit donc se faire au sein du musée et au quotidien lors des échanges avec les amateurs afin que l’un ou l’autre ne perdre pas trop de crédit.
Commentaire n°3 posté par Diane le 23/05/2008 à 13h34
Le musée du Louvre, peut-il à votre avis se passer des pratiques 2.0 ? Tous les musées peuvent se passer des pratiques issues du Web 2.0 mais à quel prix ? En fait tout dépend de ses missions principales, de ses objectifs et de ses problématiques sur le court, moyen et long terme. Un musée ouvert sur le Web 2.0 en retire bien évidemment beaucoup en échange avec les visiteurs, en augmentation de sa notoriété, en modulation de son image, en informations qualitatives sur ses prestations et ses collections et même en informations quantitatives. Le Web 2.0 apporte de nouvelles informations issues de nouvelles sources mais reste à savoir si le musée x en a besoin ?
Commentaire n°4 posté par Diane le 23/05/2008 à 13h35

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